Suggestion d’une véloroute des « vignes et taureaux » – 2ème partie : St Chamas- Mallemort par les canaux EDF

Nous avions déjà évoqué la pertinence, pour les touristes et les locaux, d’une véloroute entre la Camargue et le Lubéron qui sont 2 hauts lieux du tourisme à vélo dans la région.

  • dans le premier article nous avions proposé d’appeler cette véloroute « vignes et taureaux » et traité le tronçon Camargue (bac de Barcarin)-Saint-Chamas
  • dans ce second article nous allons traiter le tronçon Saint-Chamas- Mallemort.

Pour ce second tronçon, nous proposons d’utiliser le bord des canaux EDF.

Nota: pour cet article nous nous éloignons de notre territoire à titre exceptionnel. Nous le faisons par cohérence par rapport au tronçon Camargue-St Chamas qui nous concernait directement mais aussi parce que la compétence de certains de nos membres vis à vis de ces canaux et de l’aménagement EDF de la Durance (voir le blog de l’association L’étang Nouveau) nous permettait d’en parler de manière selon nous pertinente. Cet article gagnerait cependant évidemment à être enrichi ou soutenu par des associations cyclistes plus locales.

30 km de voie verte toute faite, et plus si affinité…

Les « canaux EDF » dont nous parlons sont les canaux qui dérivent l’essentiel de l’eau de la Durance, depuis le lac de Serre-Ponçon situé à la limite du département des Hautes-Alpes et de celui des Alpes de Haute-Provence. Ces canaux se succèdent jusqu’à Saint-Chamas dans les Bouches du Rhône. Entre les canaux se trouvent des centrales hydroélectriques. Les trois dernières se trouvent, dans l’ordre de la remontée, à Saint-Chamas (sur l’étang de Berre), Salon de Provence et Mallemort (sur la Durance).

02a Centrales EDF

Adapter l’ensemble de ces canaux représenterait potentiellement 200 km de pistes cyclables, mais nous nous nous concentrons dans cet article sur le 2 derniers biefs, qui représentent 30 km et permettent de relier l’étang de Berre à la Durance. Passée la Durance on se trouve dans le Lubéron.

Les canaux sont très grands, car ils doivent pouvoir débiter 250 m3/s. On s’en rend compte quand exceptionnellement ils sont vidés:

9-canal EDF chaine DuranceLeur taille explique que ces canaux, en plus d’être parfaitement horizontaux, sont très larges (100m hors tout environ) et ont de très grands rayons de courbure, comme on peut le voir sur les 2 photos ci-dessous. Les deux rives ont été aménagées par EDF pour pouvoir être parcourues en voiture pour la maintenance. On a en général un très belle vue et on peut rouler en admirant le paysage, sans se soucier du trafic ou d’éventuels « accidents de revêtement » comme on le ferait en VTT.

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Des rives actuellement interdites par arrêté préfectoral

Les rives sont interdites d’accès depuis l’arrêté préfectoral du 19 août 1981, affiché à chaque accès (en gros, à chaque pont traversant les canaux).

canal 1- panneau

Cet arrêté (demandé auprès des services préfectoraux, nous le joindrons et adapterons l’article quand nous l’aurons) semble avoir été pris pour des mesures de sécurité. Il semble que des gens, des enfants entend-on parfois, soient tombés dans le canal et n’aient pu remonter, noyés ou victime d’hydrocution, ou encore entraînés par le courant. Les berges des canaux sont en effet pentues et lisses, en hiver l’eau est froide et le risque d’hydrocution réel, et si les canaux débitent à 250 m3/s la vitesse de l’eau peut-être importante et empêcher un nageur moyen de remonter le courant.

Du coup, on a interdit ces berges, qui jusque là étaient accessibles (la centrale de Saint-Chamas a été mise en service en 1966, donc 15 ans avant l’arrêté d’interdiction), et on a rajouté en aval de chaque pont des lignes de vies qui aboutissent à des échelles (sinon il y a globalement peu d’échelle de remontée).

Une interdiction d’accès globalement peu respectée sur le tronçon Saint-Chamas-Mallemort, et un risque devenu moindre

On croise sur ces tronçons beaucoup de joggers, surtout autour de Salon de Provence. Les grillages qui interdisent théoriquement l’accès aux rives à partir des ponts ont quasiment tous été percés et on voit clairement que les rives sont fréquentées, car des pistes y sont nettes (voir photos précédentes).

EDF en est d’ailleurs conscient, et cette entreprise emploie en été des « hydroguides » sur ces canaux. Un hydroguide a pour travail d’informer les promeneurs des risques qu’ils encourent dans les lieux « à risque » suite à des aménagements hydrauliques d’EDF. Ce type d’emploi a été imaginé suite au drame du DRAC en 1995 et on trouve la plupart des hydroguides sur les rivières à risque de rapide montée des eaux en cas de lâcher au niveau d’un barrage. C’est le cas en Durance par ex… Mais certains hydroguides sont affectés à des canaux, comme Elodie ci-dessous pour le secteur Saint-Chamas-Mallemort. Son rôle n’est pas de verbaliser (logiquement on y aurait eu droit!) mais seulement d’informer, ce qu’elle a fait nous concernant.

hydroguide

De plus, depuis une condamnation de la France par l’Europe pour manque de respect de l’environnement marin de l’étang de Berre en 2004, les deux derniers biefs (ceux dont nous parlons ici) sont beaucoup moins utilisés (1/3 du temps par rapport à avant l’interdiction). La situation la plus fréquente y est désormais le courant nul et l’eau y est plus chaude en été qu’avant, ce qui limite 2 des risques listés dans le paragraphe précédent.

On n’a pas été jusqu’à se baigner, mais on a testé les échelles prévues pour remonter pour aller se rafraîchir les jambes, trop sympa… et pas si froid (estimé 18°C)!

jambes

Sécurité autour des canaux, sécurité des cyclistes et la bonne gestion des risques

On peut (et même on doit) comprendre les risques réels, et les mesures prises par la Préfecture, et les responsabilités si on rouvre des rives au public et qu’un accident se produit.

Néanmoins une saine gestion du risque en général consiste non seulement à évaluer les risques d’une action mais à mettre en balance le bénéfice associé, en terme financier, de plaisir ou autres…

On vient de voir que sur le tronçon Mallemort-Saint-Chamas, le risque était moindre qu’en 1981 (au moins l’été) mais que peut on associer comme bénéfice à une réouverture?

  • Le tourisme à vélo se développe dans notre région (d’où cet article) et du point de vue des cyclistes, que vaut-il mieux: rouler tranquillement au bord du canal en faisant attention à ne pas tomber dedans, alors que les rives sont larges et sans pièges, ou rouler sur une route pas adaptée aux vélos? Je vote clairement pour le premier scénario. Et on parle de 30 km!
  • C’est un lieu de promenade superbe pour les locaux, c’est peut-être pour ça que les gens y venaient et qu’il y a eu des accidents, mais on ne doit pas l’oublier. Il est notamment accessible aux handicapés en chaise roulante.
  • Ça peut devenir un lieu de culture, pour expliquer la région. Ces canaux sont ceux qui approvisionnent les canaux plus anciens d’irrigation de la Crau, et on peut imaginer expliquer au touristes l’agriculture provençale à partir des paysages qu’on y voit.
  • C’est un patrimoine en soi, trop méconnu. Ces canaux sont titanesques et photogéniques. Et s’ils ont pu être décriés au moment où ils amenaient dans l’étang de Berre sa pollution majeure sous une forme paradoxale d’eau douce, ce n’est plus le cas depuis 2005 et les mesures de réduction des rejets négociées alors.

Conclusion: une expérience à mener, au moins en été, pour un coût très réduit

Ce tronçon est facilement adaptable en voie verte. On peut d’ailleurs déjà le parcourir, en VTT ou  VTC, comme nous l’avons fait. A part quelques points à peine plus durs (le franchissement de l’autoroute vers Lamanon par ex) les travaux se limitent quasiment à la réalisation d’un revêtement.

L’analyse coût/risques/bénéfices nous paraissent mériter une réouverture au moins l’été.

Si on souhaite sécuriser totalement une partie, par exemple pour permettre à des enfants d’y apprendre à faire du vélo, il suffit de rajouter une barrière au bord du canal. Le faire dans les zones urbanisées comme la traversée de Salon de Provence par ex serait sans doute pertinent.

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Une réflexion sur “Suggestion d’une véloroute des « vignes et taureaux » – 2ème partie : St Chamas- Mallemort par les canaux EDF

  1. nous sommes a l ère des punitions collectives;par la négligence de quelques irresponsables le principe de précaution interdit à une majorité de promeneurs sérieux de profiter des rives du canal ,à pied ou à VTT ou les risques d accidents sont bien moindres que sur nos routes surchargées de voitures . quel bonheur si l on pouvait rouler sur les berges du canal loin de toute pollution et de bruit .je reste un éternel optimiste ;et peut etre que demain un responsable politique ou non examinera le sujet qui aurait le mérite d etre peu couteux .recevez mes sinceres salutations.

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